BlogPremium
RSS
RSS comm
Première plénière de cette 9ème Université d'été du MEDEF et déjà le ton est donné. De grands intervenants qui ne se prennent pas au sérieux mais qui n'en oublient pas pour autant la raison de leur présence.

Commence ainsi par prendre la parole, Laurence Parisot. Jouer le jeu, le mot d'ordre est donné sur un ton à la fois simple, sérieux mais aussi parfois humoristique. Ainsi, la présidente du MEDEF n'oublie pas de souligner humoristiquement que les intervenants des Universités d'été du MEDEF sont souvent plus tard appelés à de grandes responsabilités et de grands destins à l'instar de Nicolas Sarkozy, qui est venu plusieurs fois à cet évènement majeur pour la France, et de Ségolène Royal, qui a systématiquement décliné l'invitation qui lui était faite.

C'est ensuite au tour d'Alpha Omar Konaré, ancien président de la Répbulique du Mali et actuel président de l'Union Africaine, de prendre la parole pour lancer un véritable message d'alerte et appel du coeur pour interpeller les participants de l'Université d'été du MEDEF sur les difficultés dramatiques de l'Afrique. Sans tabou, tous les points ont été évoqués, de l'OMC aux Programmes d'Action Structurelle en passant par l'instabilité politique en Afrique et les problèmes de pauvreté. Car l'Afrique, c'est également ce projet de plus en plus évoqué d'Etats-Unis d'Afrique qui germe dans la pensée de nombreux personnalités africaines. La route est encore longue mais l'existence de cette idée est déjà un signe encourageant pour l'avenir de ce continent qui comptera, comme n'a pas manqué de le rappeler M. Konaré, plus de 900 millions de jeunes de moins de 15 d'ici 10 à 20 ans. Pour autant, le ton n'en est pas moins resté simple et ne s'est jamais voulu donneur de leçons. A la clôture de ce discours, c'est un tonnerre d'applaudissements nourris qui le félicitera pour ce discours on ne peut plus réfléchi dans l'improvisation. Lors de la table ronde qui suivit, celui-ci n'a pas manqué de soulever les problèmes soulevés par la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la présidence du Fonds Monétaire International. Aucun tabou donc pour dire que l'Afrique ne se laissera pas une fois de plus exclure de cette partie-là. Les règles ne s'écriront pas sans les peuples des pays émergents et en voie de développement.

Dernier intervenant de la plénière exceptionnelle de pré-ouverture, Sashi Tharoor, diplomate et écrivain indien, ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, Chairman of Afras Ventures, qui commence avec cette description exceptionnelle de la mondialisation au travers de l'accident de voiture de la Princesse Diana, illustration dans tous ses détails de l'interdépendance inextricable des pays du Monde. La problématique de ces Universités d'été sera donc de réussir à définir les nouvelles règles d'une mondialisation plus respectueuse tout à la fois des hommes et des cultures.

Un chiffre suffira à illustrer mon propos: 400 millions de dollars, c'est 10% de ce que touche les quelques dizaines de milliers de producteurs de coton américain par an et c'est ce qui suffirait à faire vivre les 10 millions de producteurs de coton du Sahel.