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Massoud l'afghan
Ce soir, France 2 programmait un Envoyé Spécial contenant, comme premier thème, un reportage sur l'engagement des troupes françaises en Afghanistan. Ce fut un rappel loin d'être inutile sur l'importance et la nécessité de notre intervention dans un pays ravagé par plusieurs décennies de guerre depuis l'ère soviétique.

Cela fait bien longtemps, pour ma part, que je me soucie, à mon modeste niveau, du destin de ce pays situé aux confins de l'Asie Centrale. L'Afghanistan, je l'ai découvert en me renseignant sur la seule guerre perdue de toute l'histoire de l'Armée Rouge. Je l'ai découvert avec Ahmed Shah Massoud (photos: Reza), cet ami de la France, ce résistant de la première heure qui a donné sa vie pour un Afghanistan libre et démocratique. J'avais été très peiné en apprenant, deux jours avant le 11 septembre, qu'un attentat avait visé sa personne. Pièce centrale d'un schéma terroriste planifié sur plusieurs années, cet attentat devait permettre aux talibans de battre définitivement l'Alliance du Nord, l'armée de Massoud à l'époque, avant la réalisation des attentats du 11 Septembre. Maigre compensation à son assassinat, sa mort intervint trop tard pour que les talibans aient le temps de lancer leur grande offensive.

Aujourd'hui, ce sont les troupes de la coalition qui sont là-bas pour épauler et former l'Armée Nationale d'Afghanistan pour qu'enfin ce pays sorte du joug islamiste et vive à nouveau en paix et en démocratie. Particulièrement concerné par le sujet dans la mesure où l'un de mes proches y sera engagé très bientôt, je demeure convaincu que nos pays doivent s'engager dans ce combat pour la paix. La guerre est loin d'être gagnée dans ce pays où la drogue reste le premier produit et la principale source de devise du pays. Mais la défense de nos valeurs, de notre idéal de liberté et de démocratie auquelle aspirent tant d'afghans est à ce prix.

Aujourd'hui, j'aimerais donc rendre hommage à toutes ces femmes et ces hommes qui restent dans l'ombre et qui sont partis là-bas, parfois pour ne pas en revenir, pour nous défendre. Je voudrais leur dire que j'admire leur courage, leur engagement et la tentation est grande de paraphraser Napoléon Ier s'adressant à la Grande Armée après la victoire d'Austerlitz et leur disant : "Soldats, mon peuple vous reverra avec joie, et il vous suffira de dire: "J'étais à la bataille d'Austerlitz" pour que l'on vous réponde : "Voilà un brave."" Près de deux siècles plus tard, le combat pour la liberté s'est déplacé mais demeure le même et là encore, la France est fière de ses "braves".