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Les insurgesMercredi 15 janvier sortait au cinéma le dernier film avec Daniel Craig intitulé Les insurgés.
Récit véridique d'une histoire oubliée, Les insurgés relate la résistance acharnée d'un groupe de juifs biélorusses traqué par les nazis. A l'initiative des trois frères Bielski, dont les parents ont été abattus par des collaborateurs biélorusses, des centaines de juifs se regrouperont dans les immenses forêts biélorusses pour survivre.
Construisant cabanes, abris, cuisines, la communauté organise sa résistance.

Loin des clichés holliwoodiens, l'histoire vraie de ces trois frères et des centaines de juifs qu'ils ont sauvés entre 1941 et 1945 révèle à nos yeux de spectateurs un pan oublié de l'histoire: la résistance juive contre la Shoah. Terrible film aux images parfois dramatiques, l'antisémitisme latent d'une bonne partie de la population se mesure au courage de certains chrétiens orthodoxes ayant apporté leur soutien à ces juifs.
Collaboration,  dénonciation et acharnement des nazis n'auront heureusement pas suffi à vaincre cette communauté soudée. Ce sont plus de 1200 juifs qui survécurent à la Shoah grâce à cette communauté. Plusieurs rescapés de cette communauté ont d'ailleurs été interviewés pour participer à la réalisation du film et s'assurer qu'il soit le plus représentatif possible.

Un film que l'on ne peut que conseiller pour découvrir l'histoire oubliée de ces résistants au courage infini.
Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés.

Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.
La mort de centaines de femmes et d'enfants palestiniens est un
désastre humain qui doit susciter en tout homme l'horreur et la
compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d'aller casser la figure à un juif de France qui n'y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c'est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.

Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l'opération israélienne ?

Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n'ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ?
Veulent-ils qu'Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l'intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d'une opération militaire est d'une extrême difficulté ?

Réagissent-ils en tant qu'Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la
justice universelle ? En tant qu'êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu'elles sont le fait des milices d'un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?

PROPAGANDE PARANOÏAQUE

S'ils réagissent en tant qu'Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d'Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l'un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c'est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?

Savent-ils qu'Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d'Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n'hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n'est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?

Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s'en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l'ambiance dans la République !

Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s'explique tout de même pas parce que les massacreurs n'étaient pas des juifs, n'est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d'Israël pratiquent librement leur culte ? Que l'université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L'exigence de justice est-elle à sens unique ?

On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu'à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c'est le juif.

Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables,
sinon où serait la justice ?

Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l'université de Grenoble-III - © Le Monde
L'article original: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/21/le-juif-coupable-universel-par-pierre-jourde_1144695_3232.html
Marcel Kalmann, un Américain de 64 ans, affirme ne pas avoir été servi dans un café-restaurant de la ville flamande de Bruges parce qu'il portait une kippa. "On ne sert pas les juifs ici. Dehors !", lui aurait lancé le serveur de ce célèbre établissement, situé sur la place centrale de la cité. Le touriste, professeur aux Etats-Unis, a alors quitté les lieux et s'est rendu dans un commerce voisin, d'où il a tenté d'appeler la police tandis que le personnel lui présentait des excuses. Un opérateur lui a indiqué que les patrouilles ne se déplaçaient pas pour une affaire de ce genre et l'a invité à se rendre au commissariat.


Là, selon la version de M. Kalmann, un premier policier lui sous-entend que son histoire est invraisemblable. Un deuxième, sans doute un officier, lui indique, en élevant le ton, que sa plainte doit obligatoirement être enregistrée en néerlandais et que la législation belge ne retient pas le délit d'antisémitisme. Le plaignant repartira avec un simple compte rendu d'audition, sans valeur.


M. Kalmann a contacté depuis le magazine juif Joods Actueel, édité à Anvers. Il a raconté son histoire et indiqué qu'il envisageait de déposer plainte tant contre le patron du café-restaurant que contre les policiers. Il entend aussi saisir le comité "P", qui contrôle les services de police belges.



"COMPORTEMENTS INADÉQUATS"



L'exploitant du café ne conteste pas que le professeur ait été expulsé. Il se dit prêt à lui présenter des excuses "s'il le désire" mais soutient que ce client aurait eu "un comportement étrange". Les voisins de l'établissement préfèrent, semble-t-il, résumer à l'affaire à une querelle sur les tarifs pratiqués : les serveurs jongleraient allégrement avec les prix en fonction du profil des clients.


Les services touristiques de la ville ont ouvert une enquête sur une affaire. Le bourgmestre (maire) chrétien-démocrate, a réclamé une information circonstanciée à la police et exigé "toute la clarté". Il a présenté ses excuses au citoyen américain, dans la mesure où il aurait été victime de "comportements inadéquats" ne cadrant pas avec l'image de "ville accueillante" qu'entend offrir Bruges.

Le bourgmestre rappelle qu'en avril 2007, après la violente agression dont avait été victime un Français noir dans un café de la ville, il avait soutenu l'organisation d'un concert de solidarité et fermé l'établissement.

La communauté juive de Flandre a réagi avec d'autant plus d'émotion que Marcel Kalmann a une histoire très particulière. Né à Auschwitz trois jours avant la libération du camp, caché par des compagnons de captivité de sa mère, il est resté comme le plus jeune détenu libéré du camp de la mort.

Source:Lemonde.fr par Jean-Pierre Stroobants

Porteur de mémoiresC'aurait pu être le titre du nouveau livre du père Patrick Desbois afin de présenter le travail colossal mené, jusqu'à présent dans l'ombre, pour donner la parole aux derniers témoins de l'extermination des Juifs d'Ukraine.

Enfant, c'est auprès de son grand-père Claudius, volailler à Chalon-sur-Saône, que Patrick Desbois a appris le poids du silence. La guerre vient alors de s'achever et l'homme, malgré les questions incessantes, refuse obstinément d'évoquer sa longue détention en Ukraine, à Rawa-Ruska. Pour toute réponse, il se contente un jour de lâcher : « Pour nous, dans le camp, c'était difficile ; il n'avait rien à manger, on n'avait pas d'eau, on mangeait de l'herbe, des pissenlits. Mais pour les autres, c'était pire ! »

Un million et demi de morts

En 2003, c'est dans l'espoir de découvrir ce qu'ont alors subi « les autres » que Patrick Desbois, devenu prêtre après avoir suivi des études d'histoire et de mathématiques, se rend à Rawa-Ruska. Là, il convainc le maire de l'emmener sur la fosse où ont été jetés 1 200 Juifs fusillés par les Einsatzgruppen, en 1943. « Ce jour-là, je me suis trouvé devant une centaine de personnes très pauvres dont la plupart tenaient leur vache en laisse, se rappelle le prêtre. L'un après l'autre, ces gens, qui s'étaient tus pendant des décennies, m'ont alors raconté avec leurs mots très crus comment s'était passée l'exécution des Juifs. Régulièrement, ils se tournaient vers moi pour guetter ma réaction, comme pour voir si j'étais capable d'encaisser leur terrible récit. »

Rapidement, le prêtre décide de renouveler l'expérience dans d'autres villages avec le double souci de raconter la « Shoah par balles », qui selon les récentes estimations de plusieurs historiens aurait fait un million et demi de morts en Ukraine, mais aussi de donner une sépulture aux victimes. Avec les encouragements du cardinal Jean-Marie Lustiger et le soutien du Vatican, il épluche les archives, s'adjoint les services d'historiens spécialistes du nazisme et multiplie les voyages en Ukraine. « En donnant la parole à tous ces témoins directs, il a profondément bousculé l'histoire de la Seconde Guerre mondiale qui, longtemps, a eu tendance à sous-estimer le bilan de la Shoah par balles », explique Édouard Husson, maître de conférence en histoire contemporaine à la Sorbonne. Signe de la reconnaissance accordée à ses travaux, Patrick Desbois coanimera cette année, à l'université Paris-IV, un séminaire consacré à l'extermination des Juifs d'Ukraine.

Source: Lefigaro.fr