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Les insurgesMercredi 15 janvier sortait au cinéma le dernier film avec Daniel Craig intitulé Les insurgés.
Récit véridique d'une histoire oubliée, Les insurgés relate la résistance acharnée d'un groupe de juifs biélorusses traqué par les nazis. A l'initiative des trois frères Bielski, dont les parents ont été abattus par des collaborateurs biélorusses, des centaines de juifs se regrouperont dans les immenses forêts biélorusses pour survivre.
Construisant cabanes, abris, cuisines, la communauté organise sa résistance.

Loin des clichés holliwoodiens, l'histoire vraie de ces trois frères et des centaines de juifs qu'ils ont sauvés entre 1941 et 1945 révèle à nos yeux de spectateurs un pan oublié de l'histoire: la résistance juive contre la Shoah. Terrible film aux images parfois dramatiques, l'antisémitisme latent d'une bonne partie de la population se mesure au courage de certains chrétiens orthodoxes ayant apporté leur soutien à ces juifs.
Collaboration,  dénonciation et acharnement des nazis n'auront heureusement pas suffi à vaincre cette communauté soudée. Ce sont plus de 1200 juifs qui survécurent à la Shoah grâce à cette communauté. Plusieurs rescapés de cette communauté ont d'ailleurs été interviewés pour participer à la réalisation du film et s'assurer qu'il soit le plus représentatif possible.

Un film que l'on ne peut que conseiller pour découvrir l'histoire oubliée de ces résistants au courage infini.
Angela Merkel à la Knesset

Cette image restera probablement dans l'Histoire.
 
Pour la première fois depuis la création de l'Etat d'Israël, il y a 60 ans, et depuis la reconnaissance d'Israël par l'Allemagne en 1965, le chef du gouvernement allemand s'exprime à la tribune de la Knesset, l'unique chambre du Parlement israélien, honneur suprême réservé aux chefs d'Etat reçus en visite officielle en Israël. Angela Merkel, dont j'apprécie beaucoup la façon dont elle gouverne l'Allemagne, n'a pas manqué de souligner l'honneur qui lui a été rendu.

"Je vous remercie de m'avoir fait l'honneur de pouvoir m'adresser à la Knesset", a déclaré Angela Merkel en hébreu aux parlementaires israéliens au troisième jour de sa visite en Israël avant d'enchaîner en allemand. "Nous autres, Allemands, la Shoah nous emplit de honte. Je m'incline devant ses victimes, ses survivants et ceux qui les ont aidés à survivre. (...) Allemands et Israéliens sont et seront toujours liés d'une manière particulière par la mémoire de la Shoah. (...) Je vous remercie tous de m'avoir permis de m'adresser à vous dans ma langue maternelle. (...) Les menaces que font peser les Iraniens sur Israël et le peuple juif sont sans aucun doute une source d'inquiétude. Ce n'est pas au monde qu'il revient de prouver que l'Iran fabrique la bombe atomique mais à l'Iran de convaincre le monde qu'il ne veut pas se doter de l'arme atomique".

Née après la Seconde Guerre Mondiale, Angela Merkel incarne cette génération de femmes et d'hommes qui, sans avoir connu cette époque dramatique, a reçu de fait le lourd héritage nazi de la responsabilité de la Shoah. En ne dissimulant pas ce pan de l'Histoire de l'Allemagne et de l'Europe, Angela Merkel n'a pas oublié le devoir de mémoire indispensable. Comment, en effet, pourrait-on oublier, même plus de 60 ans après, ce qu'il s'est passé dans toute l'Europe, de la France à la Russie en passant par l'Italie et l'Allemagne ? Comment pourrait-on rester indifférent face au plus grand génocide systématique de l'Histoire ? Comment ne pas sentir les larmes monter aux yeux à la pensée des millions de femmes et d'hommes assassinés car nés juifs ?

Aujourd'hui encore, pour ce génocide comme pour tous les autres, c'est l'humanité toute entière qui doit être empli de honte. Honte d'être capable du meilleur comme du pire, repoussant sans cesse les limites de l'acceptable.
 
Contrairement à Angela Merkel qui a qualifié "l'amitié entre Israël et l'Allemagne, [de] miracle de l'Histoire", celle-ci est pour moi le fruit d'une logique, celle qui fut d'ailleurs sa conclusion ("Shalom", la paix en hébreu). Il ne s'agit pas de faire porter la faute de la Shoah à tout un peuple sur des générations. Si grave qu'ait pu être le crime commis, l'heure est à la réconciliation des peuples, des pays, des Etats.

Première étape avant d'envisager avancer vers la paix...
Zone Libre
Ce soir, Canal + diffusait sur sa chaîne principale le film Zone Libre. Très beau film sur l'un des passages les plus sombres de l'histoire de notre pays. Zone Libre revient sans concession mais sans parti pris sur l'une des actions les plus nobles qui aient pu être menées durant la Seconde Guerre Mondiale: l'aide et la protection des juifs pourchassés par la barbarie nazie.

Canal + a rendu hommage aux Justes parmi les Nations, ces femmes et ces hommes qui, au péril de leur vie, ont protégé des juifs de l'incessante traque nazie. Participer au travail de mémoire et de pédagogie auprès des nouvelles générations, voilà un défi que réussit brillamment ce film poignant et par de nombreux aspects très émouvant.

En créant le statut de Juste parmi les Nations, l'Etat d'Israël et ses représentants ont voulu lancer un message de remerciement infini à ces hommes, comme aucune autre organisation auparavant. Plus de 60 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, c'est plus de 20 000 arbres, représentant autant de Justes, qui ont été plantés dans le Jardin du Mémorial de la Shoah. Aujourd'hui, se rappeler les terribles évènements de la Guerre, c'est aussi ne pas oublier ces personnes qui ont prouvé dans de nombreux pays qu'il était possible de choisir une autre voie que celle de la collaboration...
Porteur de mémoiresC'aurait pu être le titre du nouveau livre du père Patrick Desbois afin de présenter le travail colossal mené, jusqu'à présent dans l'ombre, pour donner la parole aux derniers témoins de l'extermination des Juifs d'Ukraine.

Enfant, c'est auprès de son grand-père Claudius, volailler à Chalon-sur-Saône, que Patrick Desbois a appris le poids du silence. La guerre vient alors de s'achever et l'homme, malgré les questions incessantes, refuse obstinément d'évoquer sa longue détention en Ukraine, à Rawa-Ruska. Pour toute réponse, il se contente un jour de lâcher : « Pour nous, dans le camp, c'était difficile ; il n'avait rien à manger, on n'avait pas d'eau, on mangeait de l'herbe, des pissenlits. Mais pour les autres, c'était pire ! »

Un million et demi de morts

En 2003, c'est dans l'espoir de découvrir ce qu'ont alors subi « les autres » que Patrick Desbois, devenu prêtre après avoir suivi des études d'histoire et de mathématiques, se rend à Rawa-Ruska. Là, il convainc le maire de l'emmener sur la fosse où ont été jetés 1 200 Juifs fusillés par les Einsatzgruppen, en 1943. « Ce jour-là, je me suis trouvé devant une centaine de personnes très pauvres dont la plupart tenaient leur vache en laisse, se rappelle le prêtre. L'un après l'autre, ces gens, qui s'étaient tus pendant des décennies, m'ont alors raconté avec leurs mots très crus comment s'était passée l'exécution des Juifs. Régulièrement, ils se tournaient vers moi pour guetter ma réaction, comme pour voir si j'étais capable d'encaisser leur terrible récit. »

Rapidement, le prêtre décide de renouveler l'expérience dans d'autres villages avec le double souci de raconter la « Shoah par balles », qui selon les récentes estimations de plusieurs historiens aurait fait un million et demi de morts en Ukraine, mais aussi de donner une sépulture aux victimes. Avec les encouragements du cardinal Jean-Marie Lustiger et le soutien du Vatican, il épluche les archives, s'adjoint les services d'historiens spécialistes du nazisme et multiplie les voyages en Ukraine. « En donnant la parole à tous ces témoins directs, il a profondément bousculé l'histoire de la Seconde Guerre mondiale qui, longtemps, a eu tendance à sous-estimer le bilan de la Shoah par balles », explique Édouard Husson, maître de conférence en histoire contemporaine à la Sorbonne. Signe de la reconnaissance accordée à ses travaux, Patrick Desbois coanimera cette année, à l'université Paris-IV, un séminaire consacré à l'extermination des Juifs d'Ukraine.

Source: Lefigaro.fr